Pré-ouverture ce 14 février 2017
Nous recherchons des perdus, des pirates, des fées, des sirènes et surtout
des indiens. Éventuellement des vampires et des loups-garous.

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 un conte de fée | ft. Cornelius et Sam

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MEMBREFée
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MessageSujet: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Jeu 13 Juil - 21:46

L’Île s’est tellement éloigné derrière qu’on ne distingue même plus sa silhouette voûtée à-travers les épais nuages. Depuis que Cléo s’est envolé, le ciel s’obscurcit et devient plus compact, comme si une tempête se préparait. L’océan gris s’étend sous ses pieds en un horizon sans fin. La pression atmosphérique alourdit ses ailes et broie sa petite cage thoracique. Impossible de distinguer le nord du sud, le derrière du devant, et le tournis devenant si intense, ni même le haut du bas. Seul son équilibre est assuré par les deux sacs de noisettes qu’elle porte de chaque côté en bandoulière et qui frappent ses flancs en rythme. Pourtant il lui semble ne pas se tromper de route. La Mer Imaginaire ne saurait engloutir l’obscur objet de sa quête -même si ce serait un fier service rendu de sa part. Pour retrouver le Cthulhu, elle se fie à un indice : le mauvais temps. Ainsi elle fonce à toutes ailes vers les nuages de plus en plus noirs, comme si le navire sinistre ne pouvait se trouver qu’au cœur d’un ouragan.

Au-dessus des nuages, elle aperçoit enfin ses contours et s’élance. Le Cthulhu balance sa sinistre coque parmi les vagues. Il est encore plus déprimant que dans son souvenir et elle se demande encore quelle force indécente la pousse à revenir déplier son petit transat pour une nouvelle croisière en enfer. Cléophée descend en flèche vers le mât, cachée par l’épaisse couche nuageuse aux yeux des membres d’équipage. Lulu doit être couché dans son petit cercueil de cale.
Alors que le bateau s’approche à toute vitesse, un point attire son œil vers la gauche. Un autre point qui fonce à toute vitesse -…droit sur elle. Elle s’arrête une seconde pour reconnaître ce qui semble être un boulet de canon sorti de nulle part quand soudain elle comprend de quel type de comité d’accueil il s’agit et pourquoi cette chose à l’air de fuser à sa rencontre. La sale petite race de rapace qui sert d’animal de compagnie au Quartier-Maître lui ouvre grand les serres et le bec ! Cléo pousse un petit cri de poussin et une seconde avant l’impact choisit la solution de la panique : sa forme humaine éclot d’un coup dans un grand « pop ». Elle a juste le temps de dire « Oh non… » et elle chute tout d’un coup comme une enclume avant de heurter l’eau dans un gros « plouf ». L’impact l’assomme à moitié. Son corps nu s’enfonce lourdement dans une eau glacée tandis ce qu’elle bat des pieds et des mains pour remonter. Ses noisettes s’éparpillent autour d’elle et elle parvient à n’en rattraper qu’une poignée quand elle aperçoit quelque chose comme une algue ou…une chevelure…ondoyer à quelques mètres d’elle. Elle jaillit de l’eau en retrouvant sa taille habituelle et s’empresse de rentrer dans le premier hublot ouvert qu’elle rencontre.

Sur le pont elle entend de l’agitation. « Une femme à la mer ! », « Un ange noyé ! » et des conversations agitées sur une vision partagée à propos d’une indienne qui serait tombé du ciel. Cléophée ricane en se laissant glisser à l’intérieur. Ses pieds rencontrent -enfin !- la mollesse d’un tapis persan. Elle tient ses noisettes sous les bras et commence à s’enquérir d’un endroit où les cacher. Il n’y a personne dans la pièce à par elle. D’un coup d’aile elle monte sur une grande table en bois massif. Ses pieds mouillés laissent des petites traces sur la surface d’une carte étalée. Elle s’assoit sur un gros compas et regarde autour d’elle. Il y a une couche, c’est une cabine. Assez luxueuse en plus de ça. Un gros chapeau est posé sur le fauteuil. Il ne lui fait pas dix minutes pour l’identifier et réaliser chez qui elle s’est réfugié. Elle utilise la plume du chapeau pour s’éponger un peu, toute tremblante de froid, et enfonce ses noisettes dans un trou du parquet, sous le fauteuil.

Puis, minutieusement, elle se glisse à demie sous la porte pour jeter un œil dans le couloir.
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MessageSujet: Re: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Jeu 13 Juil - 23:45

Prendre la mer avait été plus délicat que d'habitude. L'air de Neverland se remplissait d'une espèce de nostalgie. Un goût de foyer qu'on ne voudrait quitter. Quelque chose dans ces vieux paysages familiers s'était transformé en damnation et une mollesse paresseuse s'était emparé de l'esprit de tout l'équipage. Même Cornelius l'avait senti. Même lui soupirait, comme un regret, à l'idée de quitter l'île. Même temporairement. Neverland était minuscule pour un pirate. Mais c'était un coin de paradis où ils y étaient les seigneurs. Quelle raison les pousserait à s'éloigner de ses côtes ? Cornelius craignait de devenir comme beaucoup de pirates de Neverland. Des spectres errants sur ses plages. Ne trouver plus que des enfants et des peaux-rouges comme pauvres adversaires à leur errance. Non, plutôt l'Enfer. Cornelius devait chercher la motivation pour ses hommes. Quitter l'île et s'éloigner de ses néfastes influences. Il lui fallait une quête qui ravisse le cœur de ses hommes. Qui excite leurs instincts.

Cornelius trouva quelques légendes anciennes. La quête d'un trésor oublié. D'un empire asséché. Une prophétie à réaliser. Une semaine plus tard, Cornelius souriait de sentir la pluie et l'embrun sur son visage. Comme un nouveau souffle, sa joie éclatait en un grondement de tonnerre et l'ivresse de l'aventure exalta de nouveau tous ses hommes. Le Cthulhu hanterait encore les Mers Imaginaires.

Les vents les poussaient et une pluie fine et sinistre s'abattait sur les vieilles voiles pourries du navire. Ils se dirigeaient vers leur première destination. L'océan, gris et ronflant, les emportait sur de gigantesques dunes marines et l'écume se brisait sur la coque du monstre dans un fracas de canon. A sa suite, son inexorable et éternel cortège démoniaque. Parfois, des hommes s'amusaient avec elles. Ou seulement, s'amusaient-elles avec les idiots. Lorsque l'un des vieux membres de l'équipage les pendait alors au-dessus d'elles et du vide, que le malheureux ne voyait sous son nez qu'une marre en ébullition, des écailles affolées et des crocs sortis pour le croquer, il se souvenait qu'il était sans doute plus raisonnable de ne jouer qu'avec modération. Les hommes riaient en chœur, se moquaient gentiment de cette farce. Puis ils reprenaient le travail en sifflant tranquillement de funèbres berceuses maudites.

Le Capitaine Salazar se tenait droit et s'assurait, d'un œil étrange et d'un air lointain, que le vent les emporte bien à bonne destination. Son espoir résidait en la possible rencontre avec un autre navire. Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas battus en mer qu'il sentait une langueur vieillir les articulations rouillées de son équipage. Que tous les dieux des océans lui accordent cela. Seulement un navire marchand. Une partie de plaisir, un butin à partager, une joie de victoire et un combat qui expulserait toutes ces mauvaises frustrations de l'âme de ses bons matelots ! Mais seulement, au loin, l'océan qui bleuit et le soleil qui rougit.

Plouf !

Il ne fallait que cela pour attiser l'intérêt de tout le navire. Beaucoup abandonnèrent leur poste pour se hisser à bâbord. Voir. Cornelius entendait. Une femme, un ange, une indienne, un démon. La lassitude de cet équipage se laissait distraire par n'importe quelle vision délirante, pourvue qu'elle leur apporte un peu de surprise. Un peu d'espoir. Certains voulaient voir. Certains assuraient que si quelque chose était tombé dans l'eau, les sirènes l'auraient déjà dévoré. Ils se mirent à discuter et bientôt, Cornelius n'en doutait pas, son Quartier-Maître viendrait remettre de l'ordre après que les hommes aient pu se repaître du peu d'intérêt qu'avait offert cette curiosité.

Pourtant, le capitaine qui avait vu cette petite silhouette que du coin de l’œil, était tout aussi intrigué par cette étrangeté. Pendant que le calme revenait et que chacun retrouvait ses occupations - non sans en discuter à mi-mot, avec une excitation mesquine - Cornelius se rapprocha du bord pour y voir plus clair. L'eau était sombre comme le ciel. Trouble et profonde. Il ne vit rien. Mais les sirènes n'agissaient pas comme à leur habitude. Elles nageaient en grands cercles prédateurs et semblaient chercher l'animal qui était tombé - réellement - du ciel. Et levant les yeux, Cornelius n'aurait su y donner une explication. Tant pis. Sans doute le cadavre d'une proie qu'un oiseau à dû faire tomber par mégarde. Bien qu'il n'y fut pas entièrement convaincu, il s'en contenta en songeant que le fin mot de cette histoire n'aurait d'importance que si elle se dévoilait.

Cornelius fit signe à son Quartier-Maître de le suivre dans la cabine lorsqu'il crut reconnaître soudain les rebords, au loin, d'une petite île déserte. Il espérait pouvoir lui donner ses instructions. Et étrangement, il désirait parler de ces choses, de ces indices un peu surnaturels qui s'entassaient. Sans doute, Cornelius n'y aurait guère prêté attention si les choses s'était arrêtés là. Mais le comportement des sirènes, les indices laissés, ce qu'il avait trouvé et ce profond et immuable sentiment, au fond de lui, que quelqu'un s'était invité sur le navire sans son accord... Tout convergeait vers une même certitude. Et sans doute par instinct ou car il faisait un lien étrange entre cela et le petit incident sans conséquence d'il n'y a que quelques minutes, le capitaine désirait mettre au clair ses suspicions avec son fidèle second.
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MessageSujet: Re: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Ven 14 Juil - 0:13

Le navire voguait fièrement, l'étendard frôlait les nuages noirs qu'offrait le ciel. Tous les éléments s'accordaient pour rendre au Cthulhu sa gloire. Les vagues se brisaient contre la coque, ouvrant un passage pour ces chiens de l'Enfer. Un ricanement maudit se fit entendre quelque part dans la brume. Le Quartier-maître, le visage levé vers le ciel profitait pleinement de la pluie qui venait couvrir son visage. L'odeur de la tempêtre le réjouissait, il savait que devant eux se dressait le monde entier, prêt à courber l'échine face aux maudits des océans. Lady Crimson était également de sortie, voltigeant aux alentours du navire, heureuse elle aussi de ce temps. Elle y avait été habituée depuis bien trop longtemps et si voler lui demandait plus d'effort lorsque le vent était plus intense, elle semblait y prendre du plaisir.

Plouf

Une créature tomba du ciel droit dans les eaux. Les sirènes avaient vite fait d'entourer l'endroit de la chute. Déjà les voix s'élevaient. Certains parlaient d'une femme, les autres d'un ange. Quelque soit cette créature elle devait déjà rougir de son sang les profondeurs des eaux et régaler les sirènes d'une chair tendre et Sam l'espérait, savoureuse.
Le Boucher leur donna tout au plus une minute pour observer les eaux puis rappela les hommes à leur poste.

- Quiconque déserte son poste durant une tempête verra son dos rougit par mon fouet ! Les bouts de chairs qui se détacheront iront nourrir mon aigle et les sirènes !

Tous sans exception regagnèrent leur poste. Les mousses parce qu'ils craignaient la réputation du Quartier-maître et les anciens parce qu'ils savaient de quoi il était réellement capable.
Satisfait de son autorité, Sam jeta un coup d'oeil vers le ciel. Si les hommes avaient regardés où avait atterri la créature, Samuel préférait porter son attention vers l'endroit d'où elle venait. Il ne vit rien si ce n'est une silhouette voltiger en cercle. De toute évidence Lady Crimson avait vu la scène de plus prêt et dans son entierté, peut-être n'y était-elle pas étrangère. Si seulement elle était dôtée de parole...
L'oiseau finit par plonger vers le navire en poussant un cri strident, signifiant par la même occasion qu'elle avait effectivement assisté à quelque chose de suspect dans le ciel et que, de toute évidence, sa proie lui avait échappée. Samuel y aurait surement porté plus d'attention si le Capitaine ne l'avait pas appelé. Il laissa donc la surveillance à un maître d'équipage et alla rejoindre le Capitaine Salazar, le suivant à l'intérieur de sa cabine.

- Capitaine ?
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MessageSujet: Re: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Ven 14 Juil - 16:44


Cléophée entend l’agitation s’atténuer peu à peu et essaye de ramper sous la porte de la cabine pour aller retrouver discrètement Lulu et se glisser dans sa poche en attendant son réveil.

En quelques aboiements bien virils, les gradés du vaisseau remettent l’équipage en mouvement. Finalement cet accident qui aurait pu être tragique a constitué une diversion parfaite pour s’éclipser sans risquer de croiser quiconque. Quelle sombre bande de mâles ahuris… Elle pousse sur ses avant-bras pour sortir de la cabine mais le bas de porte n’est pas assez raboté. « C’est pas vrai… » Son derrière reste coincé. En battant des jambes, elle pousse de toutes ses forces mais ne parvient qu’à se broyer les hanches un peu plus.
Des pas approchent. Subitement, elle tente de faire marche arrière et de se replier dans la cabine. La porte s’ouvre quand elle vient tout juste de rentrer sa tête et la projette contre le mur sans ménagement.
Un peu sonnée, elle se dépêche de courir se cacher sous les pieds d’un secrétaire sur lequel sont entassés des dizaines de cartes pendant que les deux titans rentrent dans la cabine.

Accroupie, elle regarde un peu autour d’elle et reconnaît instantanément leurs deux voix. Ce sont les deux psychopathes autoritaires du navire, Grand-Sournois et Capitaine-Vénéneux. En portant une main horrifiée contre sa bouche, elle réalise d'une part qu'elle est dans la cabine personnelle d'un de ses deux chameaux et, d'autre part, que le coup de porte lui a parfaitement éclaté le nez et que sa frimousse est toute en sang.

Sous la porte, ses ailes ont fait tombé des centaines d’écailles blanches brillantes et de minuscules gouttes de sang sont tombées sur son chemin.
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MessageSujet: Re: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Mer 13 Sep - 22:12

La voix du Capitaine pouvait se reconnaître entre mille. Comme un fond de gorge graisseux, ses élocutions accentuées s'éraillaient gravement. Le Capitane Salazar parlait toujours d'un ton bas et mielleux mais son souffle froid et perfide était une violence qui percutait durement avec sa grossière élégance de pirate. Il poussa la porte de sa cabine sans se préoccuper de la négligeable résistance qu'elle lui opposa.

Vos hommes me semblent bien distraits, Maître Butcher, moqua-t-il, ricanant grassement.

Le Capitaine Cornelius n'avait guère besoin qu'on le rappelle à l'ordre concernant sa responsabilité vis à vis de ses propres marins. Et cette petite plaisanterie innocente était une invitation - une sommation très claire - à son quartier-maître d'expliquer l'étrangeté de ce qu'il s'était passé quelques minutes plus tôt. Bien que la chose fusse oubliable pourvu qu'elle n'en tirait aucune conséquence, les exclamations heureuses de ses hommes le laissaient perplexe. Toutefois, il ne chercha guère d'avantage à tirer de débat de cet incident. Il s'approcha d'un pas leste vers les cartes. Salazar avait quelques consignes à donner et la suite des événements promettaient du fil à retordre quant à la bonne navigation sur ces eaux. Sa voix fut plus forte et autoritaire. Il grinçait et claquait toujours des dents, articulant ses mots avec des expressions bestiales.

Les courants nous mènent à bon port. L'océan Déotique s'étend sur plus... ...ieurs jours. Salazar s'arrêta net. Son regard se figea sur le sol. Son oreille bourdonnait. Ses propres tripes se contractaient de fureur. Une poudre translucide et brillante s'étalait ici et là sur le sol. Une matière qu'il connaissait et qui ne sortait jamais des frontières du Pays Imaginaire. Il posa un genou à terre et frotta doucement son doigt contre cette poussière féerique. En redressant le visage, il observa ses alentours comme s'il pouvait sentir une présence fantomatique entre ses murs. Sur plusieurs jours... Il se redressa et eut des regards avisés tout autour de lui, comme s'il cherchait quelque chose qu'il avait perdu. Puis il abandonna, songeant qu'il confirmerait ses soupçons plus tard. Sa concentration se porta donc sur les cartes de navigation qu'ils avaient eux-même confectionnés au cours de leurs éternelles campagnes maritimes

Nous arriverons à l'île de Thélos dans trois jours sur une vitesse de quatre noeuds. Ce sera bien suffisant pour revigorer nos cales et nos hommes. Du bout de sa griffe noire et ornée d'or, il pointa un petit morceau de terre sur le cuir de la carte. Puis nouveau silence.

Sa main se glissa alors sur quelques tâches noircies du côté de l'archipelle Rougencard. Il frotta un peu pour s'assurer qu'il s'agisse bien de traces d'humidité. Un peu de poussière d'or saupoudrait également son propre compas et soudain, il eut comme l'illumination. Et son sourire torve s'étira à travers ses joues.

Salazar savait qu'il pouvait bien compter sur le bon sens de son fidèle second. Ce dernier remarquerait sans doute au même moment que lui ces adorables traces de passage encore récent.

Tiens donc... Il se frotta les doigts, effaçant les traces de poudre sur sa main.

Ca embaumait son petit cœur, de l'autre côté de l'Univers. D'un geste impérieux, il fit signe à Samuel  de surveiller la porte pendant qu'il se dégageait de l'attention de cette carte pour mieux observer les alentours. Durant un silence parfaitement macabre, son regard perça chaque micro-déplacement de ses propres appartements.

Mon petit... Je ne saurai mieux te conseiller qu'en te livrant maintenant... Il rit sèchement. Acerbe et âprement. Le bon vieux Capitaine devrait se montrer magnanime à ton égard si tu nous fais grâce de notre temps et que tu te montres immédiatement, ehe. La voix suave comme pouvait l'être celle d'un vieux pirate usé par des siècles d'errance, Salazar faisait le tour de sa cabine, d'un pas paresseux et menaçant. Il lança une fois ou deux un regard complice à Samuel, comme pour l'intimer à rechercher l'éventuel intrus avec lui. Ne comptant que très peu sur ses jolies promesses en l'air pour convaincre leur nouvel occupant à sortir de sa tanière.
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MessageSujet: Re: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Jeu 14 Sep - 21:24

Samuel écouta son Capitaine dans un premier temps puis se mit à épier la pièce lui aussi. Voyant son Capitaine agir comme il le faisait une sensation étrange le prit également. Il avait l'impression soudaine d'être épié. Quelque chose ou quelqu'un les observait, il pouvait le sentir.

Salazar lui fit signe de surveiller la porte, ce que le second fit sans sourciller. Il s'approcha de la porte pour s'assurer que leur proie, visiblement assez petite puisqu'elle échappait à leur vision, n'était pas déjà occupé à se carapater. C'est alors qu'il remarqua quelque chose au sol, quelque chose de légèrement brillant. Il s'accroupit pour observer de plus près. Ca ressemblait à une sorte de poussière brillante comme du diamant mais surtout à de toutes fines écailles. Ce n'était pas la seule chose. Presque invisible à l'oeil nu il y avait une autre substance, quelque chose que Sam ne connaissait que trop bien et qu'il appréciait tout particulièrement. Il posa son doigt sur la minuscule tâche pour pouvoir mieux l'observer. Sur du bois foncé c'était presque invisible tandis que sur une peau claire le liquide semblait rouge. Il le renifla, comme pour confirmer ses soupçons. Une légère odeur de fer, une odeur qu'il adorait tout particulièrement. C'était sans conteste du sang et vu la couleur encore bien rouge et la texture il était encore frais. Chose encore plus intéressante, d'autres gouttes de ce sang suivaient un chemin précis. Sam se mit alors à sourire, sadiquement. Il suivit du regard la trajectoire du sang tout en gardant son poste, près de la porte pour s'assurer que rien ne passe. Sa proie ne pouvait pas lui échapper. Blessée comme elle était, et surement sous le choc de sa chute, elle serait sans doute incapable de s'envoler vers la fenêtre de la cabine.

- Tu es surement bien trop petite pour qu'on prenne plaisir à te faire du mal...

Mensonge.

- Montre-toi avant qu'on ne t'écrase par mégarde.

Il aurait put sortir son poignard pour l'épingler une fois qu'elle se serait montrée mais un poignard face à une aussi petite créature, peut-être bien une fée, était inutile. Il aurait plus de chance en claquant des mains.

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MessageSujet: Re: un conte de fée | ft. Cornelius et Sam   Ven 15 Sep - 23:51


Sans aucun doute, la minute la plus longue de sa vie. Plaquée contre le mur, sous le meuble, les joues gonflées d'un petit bout de noisette, et les yeux écarquillés, Cléophée était en pleine hyperventilation. Sa minuscule poitrine se soulevait au rythme de sa panique montante.

Non mais quelle tête de noix ! En voyant le vilain géant examiner le parquet, elle réalisa le nombre de traces qu'elle avait laissé partout derrière elle. La police scientifique aurait sûrement trouvé ça insultant tant le crime était signé. Depuis qu'elle s'épuisait à bord du navire fantôme, elle se délitait totalement et en foutait partout. Cléophée était incontinente.  

Jusqu'à très exactement maintenant, le Cthulhu n'était pas un danger ni pour elle ni pour le peuple des fées, pour ce qu'elle en avait à carrer. La situation avait pris une horrible tournure en quelques secondes. Ils avaient une interaction de pirate, ils parlaient de cartes, de conneries sur les vents et les nœuds, et bla les vivres, l'équipage... Leur conversation ne l'intéressait absolument pas et depuis quelques minutes elle cherchait un moyen de se carapater à l'indienne après leur départ. Elle avait compris qu'il y avait un problème quand ils s'étaient soudainement tût, alors que les pirates sont souvent plutôt très bavards. Elle avala tout rond.

La fenêtre : trop loin. La porte : trop dangereux. Changer de cachette : compliqué. Pleurer : bruyant. Réfléchir : pas le temps. Sa cachette était "pas mal" si l'attention n'était pas porté sur elle mais maintenant qu'on la cherchait elle était naze. Le second était accroupi à quelques centimètres d'elle. Il fit un mouvement de tête un peu suspect. En voyant passer les pieds du capitaine un peu près de son petit derrière de bouffeuse de noisettes, elle poussa un "hic !"et s'envola.

Comme l'aurait fait n'importe quelle mouche sensée, elle choisit d'être hors de portée. En un éclair, elle se colla au plafond. Ses battements d'ailes, lumineux, bruyants et désordonnés, l'empêchait de croire qu'ils auraient pu ne pas la voir. Elle se plaqua contre le plafond en agitant ses ailes qui semaient encore des écailles sur leur chemin.

Sans surprise, elle se cogna la tête, emportée par la vitesse de son envol et couina d'une toute petite voix aiguë et essoufflée. Sa respiration était haletante comme celle d'un bébé écureuil fraîchement tombé de la branche qui réalise que personne ne viendra le chercher sauf les méchants blaireaux.

Ses cheveux étaient encore tout trempés de son plongeon et le sang s'étalait autour de son nez. Elle failli faire tomber une de ses noisettes qu'elle rattrapa de justesse dans une jongle anarchique.  

"Oh ho..."

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